La culture sauvera l’économie ! Par Gabrielle Halpern





Il y a quelques jours, la ville de Reims a annoncé que des reproductions des œuvres du musée des Beaux-Arts seraient installées dans les vitrines des Galeries Lafayette… Andy Warhol, en visionnaire, disait en 1975, qu’« un jour, tous les grands magasins deviendront des musées et tous les musées de grands magasins » ! De son côté, aux critiques qui reprochaient au Centre Pompidou de ressembler à un hypermarché avec ses escalators extérieurs, l’architecte Renzo Piano répondait: « Tant mieux! Personne n’a peur de se rendre dans un hypermarché »…

Par une terrible incapacité à comprendre ce qui n’entre pas dans nos cases, nous sommes emprisonnés dans de trop nombreux préjugés. Un musée est un musée, un centre commercial est un centre-commercial, une gare est une gare, un hôtel est un hôtel, une usine est une usine, un opéra est un opéra… Et gare à ce qui oserait déborder de ces catégories ! Et pourtant, nous assistons à un processus d’hybridation de notre monde, qui va devenir la grande tendance de notre temps. Et cette hybridation est une véritable chance pour notre société, ainsi que pour ceux qui l’habitent !

Alors que la crise sanitaire a mis à mal un certain nombre de secteurs d’activités, une approche hybride pourrait les aider à se relancer. Et si c’était la culture qui sauvait l’économie? Et si l’art devenait un véritable levier de performance des entreprises? Et si les directeurs de l’innovation et de la stratégie commençaient enfin à s’intéresser à la culture et à comprendre qu’elle peut être un enjeu stratégique de développement et un avantage concurrentiel ?

Attention, il ne s’agit pas d’instrumentaliser l’art ni de le profaner; bien au contraire! Introduire l’art dans des centre-commerciaux, des hôtels, des usines ou des gares est le meilleur moyen de le sacraliser… C’est lorsqu’il est accessible au plus grand nombre que l’art devient sacré, contrairement à ce que pensent ceux qui voudraient l’enfermer dans des lieux clos, où ne vient qu’un public privilégié.

Et si les hôtels devenaient des résidences d’artiste et des écoles d’art? Et si les voitures devenaient des musées? Et si les galeries marchandes devenaient des galeries d’art? Il est temps d’hybrider véritablement l’art et l’économie, et au-delà, l’art et la société!

Pour aller plus loin, retrouvez ici l’interview de Gabrielle Halpern sur BE SMART, diffusée le 5 mai 2021 : https://www.bsmart.fr/video/5898-be-smart-partie-05-mai-2021