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La réduction des écarts entre les habitants est une priorité de notre politique des Solidarités




Entretien avec Madame Keltoum Rochdi, Conseillère communautaire en charge des solidarités urbaines, Adjointe au Maire de Cergy


Cergy-Pontoise est une ville nouvelle construite à partir des années 1970 autour des communes de Cergy et Pontoise. Le syndicat intercommunal créé pour la ville nouvelle a donné naissance à l'actuelle communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur son urbanisation ?


Je porte tout d’abord le regard d’une citoyenne qui a vu sa ville et son agglomération se développer rapidement. En effet, notre agglomération de Cergy-Pontoise poursuit un projet urbain ambitieux axé principalement sur la diversité et l’éequilibre. L’habitat à taille humaine est le mode privilégié, nous avons un niveau d’équipements publics remarquables, la mixité sociale est une priorité, tout comme la préservation des espaces verts et naturels. On aime dire que c’est la ville à la campagne pour nous qui sommes aux portes du Vexin.


Les élus communautaires et municipaux des 13 communes qui composent la Communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, ont adopté le 7 juin 2022 le Projet de Territoire. Ce projet veut marquer un tournant plus écologique et solidaire dans l’histoire du territoire. Quelles politiques publiques allez-vous mettre en œuvre en faveur de la transition écologique ?


En effet notre projet de Territoire est une feuille de route adoptée par le conseil communautaire en juin dernier. Les axes choisis favorisent un équilibre entre le développement économique, l’enseignement supérieur, l’emploi et l’Innovation. Nous travaillons et accompagnons l’évolution des pratiques de mobilité douce notamment.

Nous avons également à cœur l’alimentation de qualité avec une biodiversité et une agriculture réfléchie à travers notre projet alimentaire de territoire.

Nous avions anticipé et avançons vers un habitat durable basé sur la sobriété et les énergies renouvelables. De plus, nous menons une réflexion sur la rénovation énergétique des bâtiments et la mise en place d’une gestion technique centralisée (GTC) pour une meilleure régulation.


Notre projet ne souhaite laisser personne au bord de la route ; nous renforçons donc la cohésion sociale avec des politiques inclusives. Nous développons naturellement une politique sportive, culturelle forte ,car, rappelons-le, Cergy-Pontoise est riche de ses étudiants, de son université et ses grandes écoles.

Nous œuvrons également pour une solidarité intercommunale et un travail pour faire évoluer la démocratie participative.


Dans l’axe de développement durable nous priorisons la réduction des déchets et la sensibilisation des citoyens avec des ambassadeurs, la distribution de composteurs…

Nous sommes, et cela est rappelé par les élus et le président d’agglomération, dans une ère où la transition écologique est une priorité à l’échéance de 2030.


Notre projet de territoire démontre une avancée dans les mentalités de notre agglomération et notre budget vert, en lien avec les objectifs du mandat orientés vers le développement durable, aboutira à une prise de conscience collective.


Malgré le dynamisme de son tissu économique, Cergy-Pontoise est menacée de désertification médicale comme d'autres territoires ruraux. Ce bassin de 207.000 habitants sur treize communes compte aujourd'hui moins de 90 médecins généralistes. Comment enrayer aujourd’hui cette hémorragie et éviter le déclin de l’offre de soin ? Quelles initiatives peuvent être prises ?


Le territoire national subit cette désertification médicale, la région IIe-de-France est l’une des plus impactée.


Avant toute chose, il faut noter que la santé n’est pas une compétence des collectivités locales, néanmoins sur l’agglomération de Cergy Pontoise, nous accompagnons les villes et ainsi avons-nous 2 conseils locaux de santé dont un à la ville de Cergy.


Au sein du Conseil Territorial de Santé du Val d’Oise en lien avec l’ARS et dans le cadre du CNR, nous avons organisé des ateliers de concertation de démocratie en santé et également diffusé deux questionnaires : l’un, dédié aux professionnels de santé et le second, au grand public.


Une étude sera prochainement présentée, qui démontre que nous avons un ratio de 4,4 médecins généralistes pour 10000 habitants. C’est peu et lié essentiellement à la pyramide de l’âge des médecins et aux conséquences du numerus clausus. On doit être patient et créatif d’ici à ce que la situation s’améliore et ce, pas avant 2030 : le diagnostic, la redynamisation et l’accompagnement à la recherche de locaux pour les médecins qui souhaitent s’installer sur le territoire, en sachant que nous refusons la surenchère telle que certaines communes ou agglomérations la pratique. L’agglomération soutient les villes de son agglomération dans la création de centre de santé et nous demandons avant tout que ce soit en secteur 1 pour éviter les dépassements d’honoraires, car la paupérisation est une des causes du renoncement aux soins. Nous soutenons aussi la prévention et des ateliers de sensibilisation en lien avec les CLS.



Vous travaillez beaucoup sur la santé mentale, un enjeu majeur de santé publique, mise en lumière par les conséquences des confinements successifs liés à la pandémie de Covid-19, notamment chez les jeunes. Comment développer des politiques locales et des actions permettant l’amélioration de la santé mentale des populations concernées ?


Nous sommes dotés à Cergy Pontoise d’un CLSM, - conseil local de santé mentale -, que je préside. Pour rappel, un CLSM est un lieu de concertation et de coordination entre des élus, des psychiatres, des représentants des usagers, des aidants et des professionnels du territoire. Son objectif est la mise en œuvre d’actions favorisant l’amélioration de la santé mentale des populations concernées.


Depuis la crise sanitaire, la santé mentale toutes générations confondues a été éprouvée ; aussi à travers le CLSM, nous avons mis en place des ateliers de Premier secours en santé mentale, les volontaires deviennent des « secouristes » et apprennent à apporter un soutien immédiat sur les différents types de crises en santé mentale avec notamment la détection.


Depuis ces dernières années, notre communauté d’agglomération s’inscrit progressivement dans une démarche de démocratie de santé : ASV - CLS et toutes autres actions de Santé menées par les villes et les acteurs de santé.

Se doter d’un CLSM sur notre Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, au plus proche de nos villes, accentue, de façon pragmatique, la mise en cohérence entre la politique de la ville et les politiques de santé. La dynamique d’un CLSM favorise aussi une approche de proximité, au plus près des besoins des publics cibles et de la population générale de notre territoire. Cette démarche de réseau que véhicule le CLSM favorise le co-pilotage des actions et met l’accent sur le partage des champs d’expertises.

Malgré un contexte sanitaire – socio-économique complexe jusqu’à ce jour, il résulte au sein de notre agglomération une volonté et une dynamique d’investir concrètement les questions de santé mentale.


Ainsi, la démarche de démocratie en santé mentale se traduit par la co-construction de la mise en œuvre d’un outil réaliste et accessible à l’ensemble des acteurs concernés et/ou impliqués par les questions de santé mentale, le plan d’action du CLSM 2021 – 2024 nous invite à investir les questions de santé : penser global - Agir local…


Le 29 janvier 2021, j’ai réuni près d’une cinquantaine d’acteurs pluridisciplinaires locaux pour le lancement du plan d’action du Conseil Local de Santé Mentale avec la volonté commune de mettre en évidence les 4 grands objectifs suivants :

  • Créer une culture commune autour de la notion de santé mentale et de ses déterminants (sociaux - économiques – environnementaux) en termes de déstigmatisation ;

  • Porter collectivement des projets et des actions dans une démarche de de santé – santé mentale communautaire ;

  • Soutenir les élus à s’inscrire, participer à la démarche de démocratie en santé mentale ;

  • Agir collectivement par la mise en œuvre des actions appropriées de proximité qui répondent à des besoins identifiés et concrets

Le Val d'Oise se situe au deuxième rang régional (après la Seine-Saint-Denis) et au quatrième rang national des départements les plus concernés par ce qu'on appelle « la politique de la ville ». Comment tendre la main aux neuf quartiers dits sensibles de l‘agglomération cergypontaine et ne pas laisser au bord du chemin leurs 25 413 habitants ?


La politique de la ville est présente dans Cergy Pontoise, puisque nous avons à cœur ensemble de réduire les écarts de développement au sein de nos villes et favoriser l’égalité des chances au sein des 9 QPV répartis dans 7 villes sur 13. Il concerne 25 566 habitants, soit un peu plus de 12% de la population de l’agglomération de Cergy-Pontoise.

Notre contrat de ville se décline en 3 grands axes :

1. Cohésion sociale

2. Développement économique, emploi et création d’entreprises

3. Cadre de vie


La politique de la ville à Cergy pontoise, c’est plus de 1000 projets avec près de 110 porteurs différents ; un grand nombre concernent le lien social avec des activités de loisirs réalisées pendant les vacances. D’autres sont liés à l’emploi, qui est une des priorités fixées avec la mobilisation et l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.

Pour faciliter l’insertion, nous avons aussi beaucoup développé les formations linguistiques et numériques, le soutien aux ateliers chantiers d’insertion (ACI) du territoire, mais également l’aide à la réussite éducative avec des projets structurants type PRE et CLAS.

Nous devons lutter contre le décrochage scolaire et permettre aux jeunes notamment de trouver leur orientation et leur vocation, que celle-ci soit choisie et non subie.

Nous travaillons aussi à la sensibilisation à la santé, à l’éco-citoyenneté, au numérique avec des ateliers dédiés aussi à nos seniors…


L’investissement est conséquent, car la réduction des écarts entre les habitants est une priorité de notre politique des Solidarités avec un coût total déployé sur le territoire dans le cadre du contrat de ville qui s’élève à 21 250 000 € (financé par l’état et let par les collectivités, (villes et agglomération). L’accessibilité et l’implication de notre préfet à l’égalité des chances favorise la mise en place d’action nécessaire à nos quartiers.


6) Vous êtes membre de l’AEF (association des élus de France). En ce début d’année 2023, quels messages de réconciliation souhaitez-vous porter ?


Oui, en effet je suis très impliquée au sein de l’AEF en tant que vice-présidente chargée de la formation. Mon objectif est de permettre à nos adhérents de monter en compétences et d’acquérir de la polyvalence. À l’image de la dernière conférence sur un sujet d’actualité qui est celui des énergies dans un contexte de sobriété énergétique et de coûts qui explosent.

Un élu doit être à même de comprendre l’ensemble des politiques publiques de sa collectivité. On défend mieux ce que l’on comprend.


Pour revenir à votre question, la réconciliation est l’ADN même de notre structure.

Nous sommes des élus de toutes sensibilités politiques (sauf le RN) et nous sommes tous réunis autour de valeurs et de projets communs.


Nous avons écrit et publié un livre : « La promesse républicaine »les avec 42 élus, nous y abordons différentes thématiques qui sont en réalité des fractures de notre société tel qu’économiques, sociales, climatiques, sanitaires …énergétiques


Pour ma part, j’ai écrit sur le handicap et sur les aidants. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que le handicap et que la loi de 2005 est juste un mot et une date, mais les maux sont toujours là.

Nous sommes aussi réunis autour de la langue française et nous créons des temps de cohésion comme la dictée géante.


Également des combats que nous menons ensemble comme celui de l’accès aux soins bucco-dentaires pour les personnes autistes ou fragiles avec un partenariat avec rapsod’if .

Nous avons aussi des actions de solidarité avec un convoi de membres de l’association qui sont partis, malgré les risques, apporter des denrées et du matériel médical en Ukraine, ou encore la distribution de cartables et fournitures dans des zones rurales au Maroc.


En réalité, nous sommes réunis autour de l’humain, afin d’être des portes voix et de parvenir ensemble à faire bouger les lignes pour une justice et un équilibre social à l’image de notre présence et des tables rondes que nous avons organisées lors du salon Innopolis.

Driss Ettazaoui, le président de l’AEF a su donner l’espace, afin que chacun trouve sa place selon son domaine de compétence ; l’AEF est un état d’esprit avant tout.


Le message que je souhaite donner est : soyons ensemble pour nous faire entendre, faisons en sorte que les élus locaux que nous sommes soient consultés. C’est pénible de subir des décisions qui engendrent des conséquences locales et notamment la baisse des dotations par exemple.








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