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L’urbanisme est trop peu connu

Entretien avec Sybil Cosnard, Présidente de City Linked



Pouvez-vous nous expliquer le pourquoi de votre Observatoire Urbain en complément de votre activité d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage Urbaine ?


Nous avons souhaité prendre un temps de recul sur nos pratiques et les tendances à l’œuvre dans l’aménagement des territoires. Depuis 2017, nous identifions des thématiques qui semblent faire sens au regard de l’actualité des enjeux de l’urbain et nous les traitons notamment par la réalisation d’ouvrages menés en interne avec l’aide de partenaires externes. L’objectif final de cet observatoire : la volonté de partager les tendances de l’urbain avec tous les acteurs de la ville qu’ils soient professionnels, élus, étudiants… L’urbanisme est trop peu connu, souvent abordé sous un regard réglementaire et technique, donc complexe à comprendre. Chez CITY Linked, nous sommes convaincus de l’intérêt sociétal d’ouvrir cette discipline au plus grand nombre car nous devrions tous être concernés par notre quotidien de ville, qu’elle soit petite, grande, urbaine ou rurale.


Comment se décline votre Observatoire Urbain ?

Ces travaux prennent la forme de publications, d’ouvrages, des recherches pour des études de prospective, des ateliers collaboratifs, des expérimentations sur le territoire… Avec un ton clair, pédagogique et engagé, l’Observatoire Urbain s’adresse aux professionnels de l’urbain, aux étudiants, aux passionnés de la ville. Il propose à ceux dont c’est le métier de « lever le nez du guidon », à ceux qui l’apprennent d’aborder une histoire longue et souvent chaotique, à ceux qui s’intéressent de près ou de loin à ces sujets qui nous concernent tous de bénéficier d’un éclairage accessible et sans jargon.


Vos deux prochains ouvrages portent sur la notion de ville sobre et créative, pourquoi ce choix ?


Nous avons désiré, à travers nos deux prochains ouvrages, éprouver la notion de « comment faire mieux avec moins ». Dans Partitions urbaines, la ville aux mille et une palettes, nous ouvrons le débat de l’art dans la fabrique de la ville et dans quelle mesure il participe à générer des interactions sociales. En complément, dans Superpose, la ville aux mille et un usages, nous nous efforçons d’identifier les pistes du multi-usages que ce soit sur l’espace public ou à l’échelle d’un bâtiment. L’urbanisme multi-usages nous interroge sur le vivre ensemble à la française. Chaque ouvrage soulève une question culturelle, celle de nos usages quotidiens et jusqu’où nous sommes prêts à les faire évoluer pour tendre vers plus de sobriété et plus d’interactions dans la relation à l’autre.


Avez-vous le sentiment que les acteurs de la ville agissent déjà vers le plus de sobriété ?

Nous n’avons plus le choix et la prise de conscience est bien là. Pour autant le contexte économique actuel n’est pas le plus aisé pour agir. De nombreuses tendances sont déjà à l’œuvre depuis quelques années, mais les freins sont encore nombreux pour permettre de travailler sur une consommation moindre de tout. Nous avons souvent le sentiment que plus les projets se complexifient, plus on ajoute des normes et des règles alors qu’au final, chaque professionnel nous dit qu’il faudrait au contraire tout assouplir !




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