Gil Avérous, Maire et Président de Châteauroux Métropole



La crise du Covid a mis en lumière l’attractivité des villes moyennes. Encore faut-il que ces villes puissent saisir cette opportunité. Avez-vous des recettes pour rendre attractif votre territoire ?


Les villes moyennes ont, avec la crise de la COVID-19, une occasion unique de montrer leur attractivité : qualité de vie supérieure aux grandes métropoles, coûts réduits, infrastructures de qualité, services à taille humaine, etc. Néanmoins, nous devons travailler sur deux aspects essentiels : la communication et l’évènementiel pour être mis en lumière et faire connaître nos atouts, et les moyens de transports, afin d’être rattachés aux grands pôles de notre pays dans un temps raisonnable.

Vous êtes président de Châteauroux Métropole. Quels sont les dispositifs mis en place dans le cadre du plan de relance avec l’ensemble des partenaires privés et publics sur votre territoire ? Considérez-vous ce plan de relance comme une opportunité ?


Châteauroux Métropole signe un Contrat de relance et de transition écologique, afin de mettre autour de la table les collectivités, l’État et nos partenaires investisseurs sur les projets structurants des prochains mois et prochaines années et que chacun s’engage à avancer dans le même sens.


Parallèlement, Châteauroux Métropole a réuni les principaux donneurs d’ordres en matière de commande publique (la Département, la Région, les bailleurs sociaux et les chambres consulaires) pour que chacun indique ses projets pour les 2 prochaines années et s’engage à tout mettre en œuvre pour les réaliser. Les fédérations du bâtiment et de travaux publics étaient présentes pour connaître ces projets et avoir une visibilité sur les mois à venir.


Vous avez été distingué pour le travail fait depuis plusieurs années autour de la reconversion de la friche industrielle Balsan, située en cœur de ville. Comment avez-vous abordé ce projet ? Quelle méthodologie, quelle concertation avez-vous initiées ?


En effet, Balsan est, depuis des décennies, une friche industrielle en plein cœur de ville. Il a fallu savoir ce vers quoi nous voulions orienter son projet d’avenir, l’enseignement supérieur dont une partie sera adossée à une clinique, un campus santé, et une infrastructure structurante, notre nouveau centre aquatique. Une fois que les élus de l’Agglomération se sont mis d’accord autour de cette volonté commune, nous avons travaillé étape par étape, autour d’un plan pluriannuel d’investissement et, surtout, nous avons cherché à convaincre chaque partenaire possible. Le bien-fondé de ce projet global étant évident, il n’a pas été difficile de les persuader à nous soutenir de manière déterminante pour ce qui est de l’État. Quant au reste, il aura fallu de la patience et des élus délégués prêts à sacrifier leur temps et leur énergie pour ce beau projet.


Châteauroux fait partie des 22 collectivités retenues par l’Etat pour devenir bénéficiaire du plan « Action cœur de ville ». Quels sont pour vous les priorités de ce dispositif national qui mobilise plus de 5 milliards d’euros en faveur des centres villes ? Vous aviez déjà anticipé le plan « Action Cœur de ville » avec le rachat de l’ancien supermarché du cours Saint-Luc afin de louer des parcelles commerciales….


La priorité « d’Action cœur de ville » à Châteauroux est la redynamisation commerciale. Ainsi, nous avons pu investir dans l’acquisition de surfaces que nous avons ensuite pu mettre à disposition à des enseignes locomotives comme la FNAC. Par ailleurs, nous avons mis en place une aide aux loyers et une autre à la rénovation des enseignes. Depuis, la vacance a baissé passant de 15,30 % à 10,82 % et le solde entre ouvertures et fermetures s’est inversé et est largement positif.

Vous avez écrit : « Je ne jette pas la pierre aux centres commerciaux implantés en périphérie, cela correspond à une époque, comme la construction de tours, car il fallait loger les gens. Une nouvelle période est ouverte pour réinventer le centre-ville de demain ». Quelle serait pour vous la ville idéale ?


J’imagine une ville à taille humaine où il n’y a plus de zones dédiées à 100% ici aux grandes surfaces, là aux ensembles d’immeubles, etc. C’est ainsi qu’on permet plus de sobriété et une ville apaisée : du commerce dans les quartiers et en centre-ville, plus uniquement en zone périphérique, de l’habitat intermédiaire dans les différents quartiers, et non des tours ghettoïsées dans un seul quartier, et, comme je l’ai fait en cœur de ville, pourquoi ne pas ramener de l’industrie propre dans nos villes ? La relocalisation doit nous y inciter.


A quelques mois des élections présidentielles, vous avez rappelé votre attachement aux principes fondateurs de notre République. Comment allez-vous vous positionner au sein de votre famille politique ? Le rassemblement est-il possible ?


Le rassemblement pour la droite est essentiel si elle veut gagner. Ce sera difficile, j’imagine que chaque candidat le sait, face à un président de la République qui a fait ce que beaucoup, dans ma famille politique, promettait depuis des années sans toujours le réaliser. Néanmoins, il y a évidemment des axes de progrès, notamment sur le régalien, à combler. C’est là que Les Républicains peuvent apporter leur plus-value.